Mines et usine

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1864 : Jules Garnier, ingénieur des Mines français en mission en Nouvelle-Calédonie, découvre, sur les bords de la rivière Dumbéa, une roche énigmatique de couleur verte.
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Il en confie l'étude à d'éminents minéralogistes qui confirment la découverte d'un minéral inconnu, un silicate hydraté de nickel et de magnésium. C'est la naissance de la "garniérite". Si cette forme particulière de saprolite fût un temps une importante source nickélifère, elle est aujourd'hui devenue secondaire mais son nom est toujours traditionnellement utilisé par les mineurs pour désigner tous les minerais silicatés extraits des gisements néo-calédoniens.
Jules Garnier
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1877 : deux sociétés se lancent dans l'exploitation de la "garniérite" que l'on appelle désormais "l'or vert". Higginson et Hanckar construisent une usine à la Pointe Chaleix, à Nouméa, pendant que Garnier et Marbeau installent une fonderie à Septême dans les Bouches-du-Rhône.
Le 18 mai 1880, Jules Garnier, John Higginson et Henry Marbeau s'associent, créent la société Le Nickel et construisent une usine à Thio qui produit de la matte à 50 % de nickel. En 1909, le bordelais Ballande crée la société des Hauts Fourneaux qui inaugure, en 1912, une fonderie à Doniambo. Après une chute mondiale des cours en 1931, les deux groupes métallurgiques fusionnent. Dès lors, l'usine de Doniambo n'a cessé de se développer et d'innover.
Inauguration de Doniambo
Contrôlé depuis la fin du XIXe siècle par le groupe Rothschild, Le Nickel devient dans les  années soixante, société-mère de l'ensemble de ses filiales minières. En 1970, démarrent  à Doniambo les premiers fours Demag en remplacement des Elkem. En 1985, après une restructuration industrielle, actionnariale et financière, les actifs de Nouvelle-Calédonie sont regroupés dans la Société Métallurgique Le Nickel-SLN, filiale d'une nouvelle société-mère, dénommée ERAMET-SLN qui deviendra, en 1994, ERAMET dans sa forme actuelle.
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À partir de 1989, pour prévenir les effets des cycles boursiers, Le Nickel-SLN adopte une stratégie de diversification. Elle achète deux des trois premières sociétés mondiales de l'acier rapide pour devenir leader du secteur. Elle crée un partenariat avec le sidérurgiste Nisshin Steel (un des principaux producteurs japonais d'aciers inoxydables) qui entre progressivement dans son capital et détient, depuis 1994, 10 % de ses actions. Elle acquiert 51 % d'Eurotungstène, producteur de poudres de cobalt et de tungstène.

Parallèlement, ERAMET s'approprie, de 1995 à 1997, 61 % du capital de Comilog (Gabon), deuxième producteur mondial de minerai de manganèse à haute teneur et l'un des premiers pour le ferromanganèse de la sidérurgie et les produits chimiques à base de manganèse. En 1998, en Nouvelle-Calédonie, suite aux accords de Bercy de 1997, les négociations aboutissent concernant les titres du futur site minier de Poum.

En 1999, ERAMET englobe la société SIMA, l'un des premiers producteurs et transformateurs mondiaux d'alliages de nickel et d'aciers spéciaux à hautes performances.
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En 2000, le Nickel–SLN cède, après un dialogue financier entre ERAP et ERAMET, 30 % de son capital à la Société Territoriale Calédonienne de Participation Industrielle (STCPI), une structure publique qui fait ainsi entrer les provinces calédoniennes dans son conseil d'administration.

ERAMET achète les activités Manganèse du Norvégien Elkem et devient le premier producteur mondial d'alliages de manganèse, ajoutant à sa gamme des alliages affinés à forte valeur ajoutée. Le Groupe se divise désormais en trois branches d'importance voisine (Nickel, Manganèse et Alliages). Son capital est majoritairement détenu par des actionnaires privés, l'Etat français via AREVA ne conservant qu'une participation minoritaire.
En 2000, ERAMET fait l'acquisition de la société mexicaine Sulfamex, producteur de produits agrochimiques à base de manganèse et inaugure à Moanda (Gabon), un complexe industriel d'enrichissement et d'agglomération du manganèse qui renforce la gamme de Comilog et allonge la durée de vie des réserves.

En 2001, la SLN lance son programme 75 000 tonnes qui veut augmenter de 25 % la capacité de production du nickel calédonien. ERAMET investit, en France, dans une usine de forgeage matriçage comprenant une presse de 40 000 tonnes, et acquiert, en 2002, l'usine d'alliages de manganèse de Guilin (Chine).

En 2003, le Groupe lance un programme de restructurations dans ses branches Alliages et Manganèse, ferme ses usines de Boulogne-sur-Mer et de Shaoxing (Chine) et prend le contrôle total du Centre de Recherche de Trappes et d'Eurotungstène.
 
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En 2004, en Nouvelle-Calédonie, le nouveau four FD10 a une puissance de 65 MW. ERAMET investit en Chine dans une usine de dérivés du manganèse destinés au marché des piles alcalines.

En 2005, ERAMET décide de porter, en 3 ans, la capacité de production de Comilog à 3,5 millions de tonnes, obtient la concession du train Transgabonais pour 30 ans, renforce son activité de recyclage des catalyseurs pétroliers et lance la construction d'un centre de distribution d'aciers à outils à Wuxi (Chine).

En 2006, acquisition du gisement de Weda Bay Nickel à Halmahera en Indonésie qui permettra à ERAMET Nickel de doubler sa production à terme, avec un objectif de 60 000 tonnes. La construction est prévue en 2014. Dans le cadre des accords de Bercy, ERAMET abandonne ses droits miniers sur le massif de Koniambo en échange des titres sur le massif de Poum.

En 2007, les parts de la STCPI dans la SLN montent à 34 %. Ouverture de la mine de Poum.

En 2010, la SLN commémore 130 années d'exploitation minière et 100 années d'existence de l'usine de Doniambo.

En 2011, la SLN est le partenaire majeur des XIVes Jeux du Pacifique en Nouvelle-Calédonie, le plus grand rassemblement sportif de la région.
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En 2012, au titre de l'exercice 2011, la SLN verse 20 milliards CFP de dividendes à la STCPI. Le Fonds Stratégique Industriel (FSI) remplace AREVA au capital d'ERAMET. Le premier minéralier anti effet carène liquide, dessiné par ERAMET-SLN accoste aux quais de Doniambo. Les actionnaires de la SLN annoncent le choix du combustible de la nouvelle centrale électrique de Doniambo, investissement majeur destiné à accompagner l'usine pyrométallurgique pour les quarante années à venir.

En 2016, suite à une crise majeure et mondiale des matières premières et notamment du nickel, décision a été prise d'arrêter la production de l'atelier Bessemer. Il assurait environ 20% de la production de l'usine de Doniambo, sous forme de matte. Cette production de matte (sulfure contenant 70% de nickel) approvisionnait l'usine hydrométallurgique de Sandouville (Normandie), qui s'est retournée vers des fournisseurs européens, plus proches. La production totale de nickel métal du site industriel de Nouméa reste cependant constante puisque l'arrêt des mattes se traduit par une augmentation de la production de ferronickel dont la SLN était déjà leader mondial.